Portrait de Léa Jarlet

Parole d'acteur

Léa Jarlet

La chimie en accords majeurs

À 24 ans, la Pessacaise Léa Jarlet prépare une thèse portant sur la synthèse de nanoparticules magnétiques, à l’ICMCB (Institut de chimie de la matière condensée de Bordeaux). Dès que son emploi du temps le permet, elle retrouve un autre langage : celui de la direction de chœur.

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Entre les particules qui s’assemblent et les voix qui s’accordent, elle crée une belle alchimie avec différents éléments…

Léa Jarlet a découvert la musique avant même de savoir marcher ! À deux ans, déjà, elle égrenait quelques notes sur son petit piano. Cette passion ne la quittera plus : l’école de musique de Saint-Médard-en-Jalles à 10 ans, puis le conservatoire de Bordeaux en terminale scientifique. La chimie, elle, arrive par hasard.

Au départ, je voulais devenir contrôleur aérien. Mais cette piste supposait une classe préparatoire, difficile à concilier avec le Conservatoire. J’ai donc opté pour une licence en chimie, une matière dans laquelle je me sentais à l’aise

confie la jeune pessacaise. En parallèle, Léa poursuit le piano au Conservatoire, entre à la Maîtrise de Bordeaux, et rejoint, chaque jeudi, le conservatoire de Tours pour travailler la direction d’orchestre.

J’ai découvert cette discipline à 17 ans. J’ai eu la chance de diriger un ensemble de 200 personnes, dans le cadre du projet PACAP Orchestra qui réunissait plusieurs écoles de musique et conservatoires de Gironde.

Par chance, l’université lui permet de bénéficier du parcours PHASE, un dispositif destiné aux musiciens, aux sportifs de haut niveau ou aux étudiants en situation de handicap. « Ce parcours permet d’aménager ses horaires et de bénéficier de prises de notes » explique la jeune étudiante qui a reçu le prix Solunto Fondation 2022, en tant que jeune cheffe d’orchestre.

Un choix cornélien

Mais les trajets, les répétitions et les examens composent un emploi du temps serré, souvent écrit en « doubles croches ».

Il a fallu faire des choix ; j’ai finalement renoncé aux diplômes de piano et de direction d’orchestre, pour me consacrer pleinement au Master EUREkA, une formation tournée vers la recherche en chimie des matériaux.

Désormais doctorante en 2e année à l’ICMCB, Léa prépare une thèse sur la synthèse de nanoparticules magnétiques pour optimiser des électrodes de batterie. Le chant, lui, reste toujours à portée de voix. Passionnée par la musique sacrée, elle mène des missions pour le diocèse de Bordeaux, dirige des chœurs pour la pastorale des jeunes, puis monte son propre ensemble vocal « l’Ensemble Jubilatio ».

Ce chœur mixte d’une quinzaine d’étudiants et jeunes pros se réunit à l’église Sainte Eulalie chaque semaine. Le chœur anime les messes et se produit dans toute la région bordelaise, et même jusqu’à Lourdes pour la récente visite du Pape Léon XIV.

Si la partition de son avenir reste en cours d’écriture, Léa Jarlet en connaît déjà quelques mouvements : se marier, finir sa thèse, envisager un post-doctorat à l’étranger, devenir enseignante-chercheuse… et pourquoi pas tenter le prestigieux concours de cheffe d’orchestre de la Maestra à Paris !