Mélèze Hocini

Parole d'acteur

Dr. Mélèze Hocini

La dame de cœur

Nouvellement nommée directrice de l’IHU-Liryc à Pessac, la cardiologue Mélèze Hocini s’inscrit dans une trajectoire d’exception.

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Pionnière de la rythmologie, la cardiologue mélèze Hocini a contribué à une meilleure compréhension des troubles du rythme cardiaque et de leur traitement.
À Pessac, dans les laboratoires de l’IHU-Liryc, 220 chercheurs, venus des cinq continents, auscultent un muscle qui ne s’arrête jamais : le cœur. Le seul organe capable de battre près de 3 milliards de fois au cours d’une vie.

Un véritable chef d’orchestre, avec sa propre batterie électrique

Résume la cardiologue Mélèze Hocini, nommée directrice générale de l’IHU depuis février dernier. Mais, parfois, la mécanique s’emballe, et la partition devient chaotique. Ce sont la fibrillation atriale, responsable de 30 % des AVC, et la fibrillation ventriculaire, responsable de 50 000 décès par an en France. Et c’est précisément ce terrain que Mélèze Hocini a choisi d’explorer.

Enquête policière

Originaire de Saint-Étienne, Mélèze se destinait à la neurologie, avec cette idéede mener une enquête quasi-policière pour localiser les lésions cérébrales. Mais elle choisit finalement la cardiologie et rejoint, en 1992, le service du Pr Michel Haïssaguerre au CHU de Bordeaux, à une époque où la rythmologie en est encore à ses balbutiements. Aux côtés de Michel Haïssaguerre et de Pierre Jaïs, Mélèze Hocini joue les « profilers », ECG par ECG, traquant les arythmies dès les premières millisecondes.

Le trio identifie finalement un foyer inattendu, responsable de ces tornades électriques… dans les veines pulmonaires, puis plus tard dans le tissu électrique du cœur et dans le tissu de Purkinje (le réseau de Purkinje est la partie terminale du système de conduction du cœur). De cette découverte naît un traitement qui fait aujourd’hui référence : l’ablation par cathéter, qui consiste à cautériser les tissus pour isoler les impulsions parasites.

C'est une innovation de rupture qui a radicalement changé la prise en charge des patients. Plus de 12 millions de personnes en ont depuis bénéficié, avec des interventions bien moins invasives que la chirurgie.

Chercher, guérir, transmettre

Dans la continuité, l’équipe applique cette approche aux fibrillations ventriculaires, à l’origine de morts subites. Là aussi, le trio bordelais est à la pointe de la recherche internationale et propose un traitement curatif de ces morts subites en cautérisant le tissu électrique responsable.
Cette dynamique de recherche débouche, en 2011, sur la création de l’IHU-Liryc, entièrement dédié aux maladies du rythme cardiaque. Désormais à sa tête, Mélèze Hocini entend prolonger cet élan.

Les maladies cardiovasculaires restent la première cause de mortalité dans le monde, avec près de 18 millions de décès chaque année. Il est temps de structurer une réponse à la hauteur, avec un Plan Coeur à l’échelle nationale.

Dans ce parcours d’excellence, la chercheuse n’efface jamais la femme. Mère de trois enfants, engagée dans la santé cardiaque des femmes, attentive aux rôles-modèles, elle prépare la création d’un « club des chercheurs » à destination des collégiens pessacais. Objectif : rendre la science concrète et accessible, dès le plus jeune âge… et pourquoi pas, susciter des vocations !