Marie NDiaye, une femme puissante.

Parole d'acteur

Marie NDiaye

Une femme puissante

En attendant sa nouvelle aventure scénique mêlant art et musique, Marie NDiaye, prix Goncourt pour son roman Trois femmes puissantes, revient sur son parcours de vie hors normes.

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Sa toute première rencontre avec les mots a eu lieu à l'école primaire. Avec son frère Pap NDiaye (historien et ancien ministre de l’Éducation nationale), Marie écumait les rayonnages de la bibliothèque de Fresnes, à la recherche des derniers Fantômette.

À l’époque, nous n’avions pas de télévision, la lecture faisait partie intégrante de notre vie

confie la romancière. Fan de la Bibliothèque Verte et Rose, Marie commence à écrire des petits romans, dès l’âge de 9-10 ans, déjà convaincue qu’elle en ferait son métier...

À 15 ans, Marie découvre Proust grâce à son frère qui, à table, déclame le fameux passage de la « madeleine ».

Ce fut une sorte de révélation, d'épiphanie. J'étais bouleversée par la puissance des mots

Dès lors, Marie dévore Zola et Maupassant, découvre au passage les auteurs américains du XX e siècle, Faulkner, Joyce Carol Oates, Carson Mc Cullers. En 1985, elle publie son premier roman Quant au riche avenir. Il bouleversera toute sa vie. Dans tous les sens du terme. En effet, peu de temps après la publication, la jeune romancière reçoit un courrier de la part d’un lecteur. « Nous avons correspondu pendant quelques mois, avant de nous rencontrer… Et, de confidences en confidences, il est devenu mon mari et le père de mes trois enfants ! ».

Le miracle Goncourt

Si Marie écrit, ce n’est ni par contestation, ni pour transmettre un quelconque message. Non. C’est comme un besoin impérieux. Vital. Ancré au plus profond de son être. Dans ses premiers ouvrages, il est souvent question de surnaturel. Fan de contes et de mythologie grecque, elle avoue que la magie a longtemps été une armure protectrice face à son manque d’expérience de la vie. « Au fur et à mesure, j’ai gagné en âge, en maturité, et la magie s’est mise en sourdine ». La consécration avec le prix Goncourt pour son roman Trois femmes puissantes l’a faite basculer dans ce qu’elle nomme « le miracle Goncourt ».

D’un coup de baguette, votre livre se vend à des centaines de milliers d’exemplaires, partout dans le monde. J’ai pu rencontrer des lecteurs japonais, italiens, allemands, suédois, brésiliens. C’est ça la vraie magie des mots !

Aujourd’hui, Marie partage son temps entre Paris et Pessac, une ville dont elle découvre chaque jour les charmes, entre promenades, séances de cinéma et escapades… à la médiathèque ! Passionnée de cuisine, elle aime concocter de bons petits plats mijotés – pot-au-feu, blanquette, osso-bucco - qui sont autant de « madeleines » qu’elle aime partager avec ses proches.