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Lauréate du Prix jeunes talents L’Oréal-Unesco pour les femmes et la science 2025, elle rêve d’une science plus durable et inclusive.
Du café du matin au plastique de notre téléphone… tout l’univers n’est que chimie et molécules !
L’enthousiasme de Manon Pujol est contagieux. Post-doctorante au Laboratoire de chimie des polymères organiques (LCPO) hébergé à l’école ENSMAC (Bordeaux INP) à Pessac, Manon Pujol, 28 ans, mène des recherches pour transformer le polystyrène en nouvelles molécules, sous l’action d’enzymes.
Petite, je voulais être professeure des écoles. Ce n’est qu’au lycée que j’ai découvert les mystères des molécules. J’aimais les dessiner, comprendre leurs interactions.
Une révélation qui l’embarque dans un cursus scientifique tout tracé : licence de chimie à Nice, master en chimie verte à Strasbourg, puis une thèse à Marseille.
Installée désormais à Pessac, la jeune chercheuse consacre son temps au potentiel enzymatique appliqué au polystyrène. Un vrai « dur à cuire » presque impossible à recycler, autrement que par pyrolyse, à très hautes températures, autour des 800 degrés. Un procédé peu vertueux en termes d’environnement et d’énergie.
Son pari ? Laisser les enzymes faire le travail ! « Elles réagissent à température ambiante ou dans l’eau, sans utiliser de solvants toxiques ».
Résultat : au lieu de recycler le polystyrène, elles vont le transformer en molécules plus élaborées, utilisées notamment dans l’univers pharmaceutique ou en cosmétique.
Parmi les produits obtenus, l’acide benzoïque, un antifongique bien connu ou encore le benzaldéhyde, prisé pour son parfum d’amande.
Très engagée pour un avenir plus durable, Manon Pujol s’implique aussi pour une science plus inclusive et féminine.
Les stéréotypes et les biais sont présents dès le CP, ce qui décourage bien des petites filles à embrasser une carrière scientifique.
Regrette-t-elle. Elle y a miraculeusement échappé grâce à sa neurodiversité. « J’ai été diagnostiquée autiste à l’âge de 23 ans » révèle-t-elle.
Toute ma scolarité, je me suis sentie en décalage avec les autres. Mais cette singularité m’a finalement protégée, car je n’ai jamais imaginé qu’être une femme pouvait être un frein.
Lauréate du Prix jeunes talents L’Oréal-Unesco sur près de 700 candidatures, Manon Pujol voit loin. Après plus de 2 000 expériences réalisées sur trois ans, elle rêve désormais d’intégrer le CNRS pour poursuivre ses travaux. Encore une belle histoire de molécules !