Jacky Fréhel
Jacky Fréhel

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Jacky Fréhel

Du mythique cap breton dont il partage le nom, Jacky Fréhel a aussi hérité la force tranquille. Directeur industriel de la plus vieille entreprise de France créée en 864 sous Charles II, dit le Chauve, il affronte sans sourciller les innombrables challenges qui font son quotidien.

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Gardien du temple

Pénétrer dans les locaux pessacais de la Monnaie de Paris revient à déambuler dans un immense bunker de 20 000 m2, où règne une drôle d'ambiance. Où sont donc passés ses 140 employés ? Le site est tellement vaste qu'on les aperçoit à peine de la passerelle qui surplombe les ateliers.

Dans cette enceinte ultra-sécurisée aux murs de béton vertigineux, Jacky Fréhel se déplace avec l'aisance de celui qui est imprégné des lieux.

Mon métier consiste à gérer quotidiennement de nombreux sujets très divers. Sans être un expert de chacun d'eux, il me faut les comprendre, afin de prendre les bonnes décisions. Je dois donc connaître chacun des postes occupés par les employés.

L'acier pour fer de lance

Après des études d'électronique et une expérience de technicien dans un bureau d'études, Jacky Fréhel reprend le chemin de l'école pour se former à l'ingénierie. Son diplôme de l'école des Mines de Nantes en poche, il s'oriente vers des postes de responsable d'ateliers de fabrication, puis de directeur d'établissement industriel, titillé par le management.

En 2014, après avoir navigué de la Bretagne à Chartres, puis de l'Oise à la région lyonnaise, l'homme ressent le besoin de s'installer dans une région plus douce à vivre. Il rejoint alors le Sud-Ouest pour y prendre la direction industrielle du site pessacais de la Monnaie de Paris qui, depuis son ouverture en 1973, frappe l'acier pour le transformer en monnaie courante.

La Monnaie de Paris est la seule à fabriquer des pièces en France. Cette année, 1 milliard de pièces sortiront de nos ateliers.

Depuis septembre 2020, Jacky Fréhel est également le directeur industriel du site de Paris, où l'on travaille plutôt l'or et l'argent pour en faire décorations, médailles, bijoux et autres monnaies de collection.

Les challenges pour moteur

Ce qui motive Jacky Fréhel ? Gérer le quotidien des 250 employés des deux sites réunis, mais aussi relever les innombrables challenges auxquels une entreprise millénaire, parfois compliquée à faire bouger, est inévitablement confrontée.

Il y a toujours énormément à faire en termes d'organisation humaine et industrielle, de flux d'informations et d'investissement. Cela demande beaucoup d'énergie. Mon rêve serait de bâtir une industrie 4.0, propre et connectée pour encore plus d'efficacité et de meilleures conditions de travail.

Jacky Fréhel sait que son entreprise se situe aujourd'hui à un tournant.

Les États utilisant de moins en moins de monnaie physique, il va impérativement falloir se diversifier. La Monnaie de Paris continuera à frapper des pièces, mais elle doit se préparer à faire autre chose, comme l'Imprimerie Nationale a su devenir un expert de la cybersécurité. L'industrie est l'un des secteurs qui se transforment le plus vite actuellement. Il faut prendre le train à temps.

Parmi les pistes envisagées : les monnaies digitales bien sûr et, plus surprenant, l'immobilier. Le site de Pessac disposant d'un espace immense, il serait en effet possible d'y accueillir start-ups et écoles, avec lesquelles la Monnaie de Paris pourrait développer des synergies. En attendant, Jacky Fréhel poursuit sa mission régalienne.